Présentation

Présentation
# Posté le samedi 21 janvier 2006 08:08
Modifié le mardi 15 janvier 2008 15:49

Le chevalier dragon

Voilà je commencerai par cette histoire que j'ai écrit avec Rill. Elle s'intitule "La légende de Wilfried ou le chevalier dragon.
J'espère qu'elle vous plaira.


Je m'appelle William Drake, je suis orphelin.
D'après les rares fois où il en a parlé, mon père Jonathan m'aurait trouvé dans la baie de Galway, en Irlande, durant une de ses balades. Il racontait qu'il m'avait gardé parce qu'il aimait mes yeux verts aux éclats dorés. Les gens disaient, qu'avec mes cheveux roux, cela me donnait un air de « devil ». Je pense aussi qu'il voulait quelqu'un avec qui partager sa solitude. Durant toute mon enfance, lorsque je me levais le matin, il me disait avant notre promenade matinale :
- « Wil, voici ton énigme... »
Et il me posait une devinette. J'avais tout le jour pour y réfléchir, durant mes temps libres qui n'étaient pas nombreux, vu que le travail ne manquait pas à notre forge. Jonathan disparaissait souvent dans la nature avec sa longue-vue et, quand il revenait, il s'enfermait longtemps dans sa pièce, un lieu où je n'avais jamais eu le droit de pénétrer.
Plus je grandissais, plus je me rendais compte à quel point les gens se méfiaient de moi ; même les enfants de mon âge s'écartaient à mon passage. J'en arrivais à préférer la compagnie des moutons et des arbres !

Je devins forgeron comme Jonathan et son père avant lui. Galway est une ville de pêcheurs et de fermiers où l'on forge des harpons et des cloches pour les moutons mais moi, ce que je préférais faire, c'était des mors pour les chevaux en rêvant au jour où je pourrais en enfourcher un. A partir de ce moment, lorsque je trouvais la réponse à une énigme, Jonathan acceptait de mettre quelques-uns de mes ouvrages en vente et il me reversait un pourcentage. C'était ma récompense.
Les moments que je préférais, c'étaient quand Jonathan avait un peu trop bu, qu'il s'installait profondément dans son fauteuil et qu'il me racontait des histoires mettant en scène de gigantesques dragons qui volaient au-dessus des Anglais fuyant hors d'Irlande. Cela n'arrivait pas souvent mais ses sourires, même rares, les énigmes et les anecdotes sur la vie qu'il me racontait étaient déjà pour moi d'immenses gratifications au quotidien.
Le chevalier dragon
# Posté le samedi 21 janvier 2006 08:12
Modifié le samedi 14 octobre 2006 11:19

Le chevalier dragon - 2°chapitre

Quelques mois plus tard, j'eus vingt six ans, ce fut le pire anniversaire de ma vie.
Depuis quelques temps la santé de Jonathan déclinait. Il passait désormais la majeure partie de ses journées à se languir du temps passé. Moi, je l'écoutais en faisant comme si rien n'avait changé car une partie de moi ne pouvait se résigner à le voir partir.
Plus les jours passaient, plus son état s'aggravait : il avait de la fièvre, s'agitait dans son sommeil et, dans ses rares moments de lucidité, ne me reconnaissait pas.
Deux jours passèrent ainsi et, à l'aube du troisième, je le trouvais profondément endormi, le visage serein. Sachant que cela devait arriver un jour, j'avais essayé d'imaginer les réactions que j'aurai pu avoir. Je m'étais imaginé pleurant, refusant la réalité et pourtant, le moment venu, je me dis simplement que son heure était arrivée.
Quand je repris mes esprits, j'étais en train d'ouvrir la porte de la pièce interdite. Trop tard, la curiosité l'emportait. Ce que je découvris alors me coupa le souffle : c'était une pièce moyenne, rectangulaire, baignée de lumière grâce à une fenêtre dans le toit. Partout, livres et objets en tous genres s'entassaient sur les étagères masquant les murs. Au milieu de la pièce, là où tombaient les rayons du soleil, se trouvait un bureau ; un grimoire, une plume et des encriers de toutes sortes reposaient dessus.
Je m'approchais du meuble et contemplais le livre : il était rouge avec des motifs dorés. En les examinant mieux, je remarquais que cet enchevêtrement de lignes formait un dragon.
Piqué par la curiosité, je l'ouvris. A part les premières pages, il était entièrement vide. Une feuille de papier tomba. C'était une lettre de Jonathan :
« Lorsque tu liras ceci, je ne serais plus de ce monde et la curiosité aura
eut raison de toi ! Voilà, fou de légendes, j'ai passé toute ma vie à
chercher des dragons...et j'ai fini par en trouver un.
Il vit dans la baie de Galway, dans une grotte à flanc de falaise.
Fils, j'aurais aimé que tu continues ce que j'ai commencé.

Jonathan. ».
Le chevalier dragon - 2°chapitre
# Posté le samedi 21 janvier 2006 08:14

Le chevalier dragon - 3°chapitre

Après avoir enterré mon père, je lus les quelques pages du grimoire et décidais de me rendre chez le dragon. Je me munis d'une corde et descendis en rappel du haut de la falaise.
J'atterris sur le seuil de la grotte et découvris un tunnel qui semblait aller jusqu'en enfer. Au bout du boyau, je tombais sur une immense salle éclairée par le reflet des flammes dans l'or qui remplissait la pièce.
Emerveillé, je m'avançais jusqu'au milieu et contemplais cet amas de trésors.
Le bonheur fut de courte durée parce qu'en me tournant vers le seul coin sombre de la salle, je découvris deux disques dorés qui me fixaient sans ciller. Réaction naturelle, je voulus prendre mes jambes à mon cou mais le dragon sortit de l'ombre et, avec une vitesse stupéfiante, alla se placer devant la sortie. En se dressant de toute sa hauteur – ce qui faisait bien une dizaine de mètres – il me dit :
- « Qu'est-ce qui a des racines que personne ne voit,
Qui est plus grand que les arbres,
Qui monte, qui monte,
Et pourtant ne pousse jamais ? »


Dure question ! Mais heureusement, il ne me demandait pas de l'affronter ; normalement c'est toujours le cas quand les héros rencontrent un dragon – et ils y laissent souvent leur peau – c'était le moment où jamais de montrer mon talent caché.
Après une dure réflexion je finis par répondre d'une petite voix :
- « La montagne... je crois »
Le dragon se baissa et me regarda d'un air que je jugeais mauvais,
- « Mouais, pas mal pour un humain, dit-il, Quel est ton nom ?
- Wil... William, murmurai-je.
- Waouh ! Prénom royal ! William combien ? Dit-il avec ironie
- Vous vous trompez, répondis-je en bafouillant, je ne suis pas fils de roi... je suis le fils de...Je suis le forgeron de Galway.
- Ah..., dit le dragon visiblement déçu, si se n'est pas pour me tuer, tu es venu pour quoi alors ? »
Le chevalier dragon - 3°chapitre
# Posté le samedi 21 janvier 2006 08:16

Le chevalier dragon - 4°chapitre

Pourquoi étais-je venu ? Je n'en avais pas la moindre idée, j'étais venu sur un coup de tête et je me retrouvais idiot à présent que je devais me justifier. Tout de même, quel étrange dragon ! Je m'attendais à tout, sauf à ça !
- « Je suis venu pour faire connaissance et vous demandez l'autorisation de voler sur votre dos, répondis-je bien obligé, quel est votre nom ?
- Oh ! tout doux ! mon nom, c'est Siegfried, Siegfried le dragon ! se mit-il à chanter avec fierté, et quand à monter sur mon dos, ça peut-être amusant si tu trouves une seconde énigme, bien sûr...
« Vivant sans souffle,
Froid comme la mort,
Jamais assoiffé toujours buvant,
En cotte de mailles, jamais cliquetant. »


- Le poisson ! » m'exclamais-je sans hésiter.
Siegfried le dragon tint donc promesse, et j'eus la plus belle peur de ma vie lorsqu'il se jeta des falaises pour prendre son envol. Je crois avoir été le premier homme à voler à dos de dragon et j'en étais fier. Nous volâmes au-dessus de Galway et je m'émerveillais en voyant des petites formes courir en tout sens. Nous survolâmes the Lynch's castle, the Collegiate Church of St Nicolas, the Lynch's Memorial Window, et tant d'autres, dont je garde a jamais les images gravées dans la mémoire. C'était magique !
Les mois passants, Siegfried et moi sommes devenus amis, je l'aimais beaucoup mais le trouvais néanmoins bizarre. Nous prîmes l'habitude de voler ensemble tous les matins et les gens de Galway prirent l'habitude de nous voir passer.
Pour ma commodité, en moyennant le double de la somme habituelle, je finis par convaincre le maréchal-ferrant de me faire une selle de la taille « dragon ». En ville, je vivais un calvaire : en plus de me mépriser et de m'éviter, les gens détournaient leur regard en se signant.
Le chevalier dragon - 4°chapitre
# Posté le samedi 21 janvier 2006 08:17