Voilà je commencerai par cette histoire que j'ai écrit avec Rill. Elle s'intitule "La légende de Wilfried ou le chevalier dragon.
J'espère qu'elle vous plaira.
Je m'appelle William Drake, je suis orphelin.
D'après les rares fois où il en a parlé, mon père Jonathan m'aurait trouvé dans la baie de Galway, en Irlande, durant une de ses balades. Il racontait qu'il m'avait gardé parce qu'il aimait mes yeux verts aux éclats dorés. Les gens disaient, qu'avec mes cheveux roux, cela me donnait un air de « devil ». Je pense aussi qu'il voulait quelqu'un avec qui partager sa solitude. Durant toute mon enfance, lorsque je me levais le matin, il me disait avant notre promenade matinale :
- « Wil, voici ton énigme... »
Et il me posait une devinette. J'avais tout le jour pour y réfléchir, durant mes temps libres qui n'étaient pas nombreux, vu que le travail ne manquait pas à notre forge. Jonathan disparaissait souvent dans la nature avec sa longue-vue et, quand il revenait, il s'enfermait longtemps dans sa pièce, un lieu où je n'avais jamais eu le droit de pénétrer.
Plus je grandissais, plus je me rendais compte à quel point les gens se méfiaient de moi ; même les enfants de mon âge s'écartaient à mon passage. J'en arrivais à préférer la compagnie des moutons et des arbres !
Je devins forgeron comme Jonathan et son père avant lui.
Galway est une ville de pêcheurs et de fermiers où l'on forge des harpons et des cloches pour les moutons mais moi, ce que je préférais faire, c'était des mors pour les chevaux en rêvant au jour où je pourrais en enfourcher un. A partir de ce moment, lorsque je trouvais la réponse à une énigme, Jonathan acceptait de mettre quelques-uns de mes ouvrages en vente et il me reversait un pourcentage. C'était ma récompense.
Les moments que je préférais, c'étaient quand Jonathan avait un peu trop bu, qu'il s'installait profondément dans son fauteuil et qu'il me racontait des histoires mettant en scène de gigantesques dragons qui volaient au-dessus des Anglais fuyant hors d'Irlande. Cela n'arrivait pas souvent mais ses sourires, même rares, les énigmes et les anecdotes sur la vie qu'il me racontait étaient déjà pour moi d'immenses gratifications au quotidien.